

Avec toutes les affirmations et la désinformation qui circulent, il peut parfois être difficile de distinguer la science des mythes. Il est tout à fait normal de voir des reels qui parlent de moyens de stimuler la production de lait, de fenouil, de biscuits d’allaitement, de fenugrec et de toutes sortes d’astuces, puis de se sentir dépassée.
C’est pourquoi, en tant que nutritionnistes spécialisées en lactation et en allaitement, notre objectif est de décortiquer ces affirmations pour vous aider à trouver des solutions pratiques, réalistes et fondées sur des données probantes afin de soutenir votre production de lait.

Faites confiance à votre corps : il peut produire du lait même si votre alimentation n’est pas parfaite. Vous n’avez donc pas besoin de vous mettre de la pression pour atteindre un équilibre parfait ou pour manger des repas « idéaux » à chaque journée.
Cela dit, votre nutrition peut influencer la qualité de votre lait ainsi que votre propre récupération après l’accouchement. La production de lait, elle, est surtout influencée par la fréquence des boires, l’efficacité de la prise au sein, l’efficacité de l’utilisation du tire-lait et même le moment où vous tirez votre lait.
Pendant l’allaitement, certains nutriments deviennent particulièrement importants. Voici quelques nutriments clés à surveiller :
| Nutriment | Objectif quotidien | Pourquoi c’est important |
|---|---|---|
| DHA, oméga-3 | 200 à 300 mg | Développement du cerveau et des yeux du bébé |
| Iode | 290 mcg | Thyroïde et développement cérébral du bébé |
| Choline | 550 mg | Croissance et développement du cerveau du bébé |
| Vitamine D | 600 UI ou plus | Santé osseuse pour vous et votre bébé |
| Vitamine B12 | 2,8 mcg | Santé des nerfs et du sang |
| Fer | 9 à 10 mg | Énergie et récupération postpartum |
La plupart des parents peuvent bien couvrir leurs besoins en continuant leur vitamine prénatale et en portant une attention particulière au DHA. Pour des recommandations personnalisées, toutefois, il est préférable de consulter une nutritionniste, qui pourra adapter les conseils selon vos besoins spécifiques.

Il existe une catégorie d’aliments appelés « galactagogues ». Ce sont des aliments ou substances que l’on croit capables de stimuler la production de lait. Toutefois, la majorité d’entre eux manquent de données solides pour démontrer un effet significatif.
Vous avez peut-être entendu parler du fenugrec, l’un des galactagogues les plus étudiés. Quelques petites études suggèrent qu’il pourrait avoir un effet, mais il peut aussi abaisser la glycémie chez certaines personnes.
La levure de bière est un autre aliment souvent mentionné. Elle contient plusieurs vitamines du groupe B, mais les résultats que l’on retrouve actuellement dans la littérature scientifique proviennent surtout d’études animales plutôt que d’études humaines
D’un autre côté, certains aliments ont peu ou pas de soutien scientifique. C’est le cas des biscuits d’allaitement, qui sont surtout devenus populaires grâce aux blogues et aux réseaux sociaux, plutôt qu’à des preuves scientifiques solides.
Une étude a d’ailleurs montré que les biscuits d’allaitement n’avaient pas d’effet significatif sur l’augmentation de la production de lait.
L’avoine, le fenouil et le chardon-Marie manquent aussi de preuves scientifiques convaincantes. Bien que ces aliments ne soient généralement pas nocifs pour la santé, il n’existe pas de données solides montrant qu’ils ont un effet significatif sur la lactation.

Même s’il n’existe pas de nutriment « miracle » pour augmenter la production de lait, manger suffisamment est l’un des meilleurs moyens de la soutenir, en dehors de l’allaitement fréquent ou de l’utilisation du tire-lait. Le CDC recommande d’ailleurs aux mères qui allaitent ou tirent leur lait d’ajouter environ 330 à 400 calories par jour.
Le vrai risque pour la production de lait est donc souvent de ne pas manger suffisamment, surtout dans les premiers mois. Prendre soin de vous, de votre nutrition et de votre récupération est aussi une façon importante de soutenir votre bébé.
L’hydratation joue aussi un rôle important. Essayez de boire lorsque vous avez soif, en visant environ 12 à 16 tasses de liquides par jour. Une astuce simple est de garder une bouteille d’eau près de chaque endroit où vous allaitez ou tirez votre lait, puisque votre hydratation peut aussi avoir un impact sur votre confort et votre production de lait.
Cette liste n’a pas pour but de vous faire peur. Il s’agit simplement de certains éléments auxquels porter une attention particulière pendant l’allaitement :
Faites confiance à votre corps, mais aussi aux professionnels qualifiés. Il est préférable de ne pas baser toutes vos décisions sur des conseils trouvés en ligne.

Les petits défis en cours de route sont normaux, mais avoir l’impression de lutter constamment peut devenir très lourd. Consulter une spécialiste peut vous aider à mieux comprendre ce qui se passe, à réduire le stress et à mettre en place des stratégies adaptées à votre réalité.
Vous pourriez bénéficier d’un accompagnement avec une nutritionniste en lactation si :
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Non. Votre corps n’a pas besoin de lait de vache pour produire du lait maternel. Il utilise plutôt les nutriments provenant d’une alimentation globalement équilibrée, d’un apport suffisant en énergie et d’une bonne hydratation.
Il n’existe pas un seul aliment miracle. Une alimentation variée, un apport calorique suffisant, une bonne hydratation et des boires ou séances de tire-lait fréquents sont généralement beaucoup plus importants qu’un aliment en particulier.
C’est possible dans certains cas, mais c’est plus rare que ce que l’on entend souvent. Une nutritionniste peut vous aider à identifier de vrais déclencheurs alimentaires, sans retirer inutilement des aliments nutritifs.
Oui, généralement. Les professionnels de la santé recommandent souvent de continuer les vitamines prénatales pendant l’allaitement. Certaines personnes peuvent aussi bénéficier d’un supplément de DHA, de choline ou de vitamine D, selon leurs besoins.
Vous pouvez faire des changements doux et graduels si vous le souhaitez, et plusieurs femmes remarquent naturellement des changements dans leur corps pendant cette période. Par contre, il est important d’éviter les régimes stricts, puisqu’ils peuvent nuire à votre niveau d’énergie, à votre récupération et possiblement à votre production de lait.
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